19/10/2014

Quand Rob Hopkins raconte la transition aux Français

Le fondateur de la transition était à Paris les 18 et 19 octobre pour présenter Ils changent le monde, son nouveau livre. Je l'ai écouté vendredi dans un amphithéâtre plein à craquer à Naturparif. Puis j'ai eu la chance de me glisser dans un petit groupe d'acteurs de la transition en France et de participer avec lui à un pique-nique samedi au Pré St Gervais, dans le splendide jardin du pouce vert, dont on ne veut pas croire que l'intégrité pourrait être menacée. « Ce magnifique espace est plus qu'un simple jardin, a d'ailleurs salué Rob Hopkins. C'est un incubateur pour la nouvelle économie. » Mais au fait, c'est quoi la transition ?

Le jardin partagé du pouce vert, un bol d'oxygène de 800m2 au coeur du Pré StGervais et une petite merveille à préserver.
Née en 2006 à Totnes en Grande-Bretagne, le mouvement de la transition propose aux villes de se préparer volontairement à la raréfaction des énergies fossiles en douze étapes, selon une philosophie qui s'inspire notamment des principes de la permaculture. A la demande de Jean-Paul Grange, l'un des instigateurs de la transition à Sucy en Brie, Rob Hopkins a donné sa définition de la transition : « C'est une approche menée par la communauté pour construire une culture plus saine et une économie locale plus résiliente. » Près de 1300 villes dans le monde dans 43 pays -dont une centaine en France- ont lancé des initiatives.

Discret et abordable, Rob Hopkins pose ici entre la fondatrice d'oOlution Anne Marie Gabelica et Josée Rudier, deux inconditionnelles admiratrices et des citoyennes actives des Boucles de la Marne.
Rob Hopkins. Cet enseignant en permaculture à l'humour optimiste et à la simplicité chaleureuse est l'un des instigateurs du mouvement. A Totnes, où il a permis à la transition de démarrer il y a 8 ans, celui qui fonda la première formation mondiale sur deux ans en permaculture a passé la main localement et se concentre désormais sur des projets plus spécifiques comme les rues en transition. Il est désormais une figure reconnue de l'écologie dans son pays, cité par le quotidien The Independent parmi les 100 premiers défenseurs de l'environnement. Vous pouvez suivre son action sur son blog et à travers ses tweets.



Véritable voyage au coeur des alternatives, ils changent le monde n'est pas le premier ouvrage signé par le père spirituel du mouvement. Son manuel de transition est disponible en français, comme ils changent le monde, traduit par un collège d'acteurs français de la transition, dans un bel esprit coopératif. 

12/10/2014

Partez à la chasse au gaspillage alimentaire avec Optimiam

Que diriez-vous si votre smartphone vous prévenait que les pains aux céréales sont à moitié prix dans votre boulangerie de quartier et que les courgettes sont également soldées chez le petit épicier d'en face? Et qu'en plus vous pouvez réserver vos produits? Je parie que vous êtes intéressé !


Cela tombe bien parce que ce sera bientôt possible, grâce à Optimiam. L'appli fûtée se propose de mettre en relation les consommateurs locaux avec les commerçants qui peuvent écouler des produits périssables à tarifs réduits plutôt que de les jeter. Non seulement le système est astucieux, mais il crée un cercle vertueux. Le consommateur peut avoir accès à des produits moins chers, le commerçant vend ce qu'il aurait jeté et on met une petite claque au gaspillage alimentaire, l'un des fléaux de notre société de surconsommation.

La version Bêta de cette "appli" imaginée par Raodath Aminou, Mikael Labrut et Alexandre Bellage sera lancée pour le 16 octobre, à l'occasion justement de la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Optimiam va être testée en ultra-local, avec une douzaine de commerçants pionniers (boulangeries, sandwicheries, traiteurs etc...), qui ont répondu présent sur le 5ème arrondissement de Paris. "Nous l'avons choisi parce qu'il y a beaucoup d'étudiants et qu'ils sont notre premier public, avec leur petits budgets mais une flexibilité horaire", souligne Raodath Aminou, avec laquelle j'avais eu le plaisir de faire connaissance en septembre au Forum Mondial Convergences.


Après la phase de test, l'expérience sera améliorée et étendue à d'autres arrondissements de la capitale. "Nous sommes déjà en négociation avec des commerçants du 6ème arrondissement et des superettes", précise Raodath et même des structures plus importantes. Comme les précédents commerçants, les nouveaux auront accès aux gourmands anti-gaspilleurs en mode low cost, en s'acquittant d'un abonnement mensuel auprès d'Optimiam, qui signale les promos, permet de réserver son "trésor comestible" et en précise la quantité disponible, mais ne gère pas le flux financier. Autre originalité, une fonction a été prévue dans "l'appli", pour permettre à l'utilisateur de suggérer lui même un nouveau commerçant.



En attendant qu'elle se rapproche de chez vous, vous pouvez déjà vous inscrire sur le site de ce projet suivi de près par les incubateurs de Start-up de Paris Dauphine et d'HEC et faire partie de plus de 2000 utilisateurs, qui attendent de télécharger l'application pour chasser le bon plan. Si vous êtes Francilien, vous pouvez également célébrer cette grande journée de lutte contre le gaspillage alimentaire en participant au lancement d'Optimiam, le 16 octobre. Un buffet d'invendus (évidemment) est prévu au programme.

(Crédit photo: Optimiam, qui est également sur Facebook et Twitter)

05/10/2014

Masque après shampoing, le retour

Lorsque j'ai commencé à fabriquer mes produits cosmétiques il y a maintenant quelques années, l'une des premières recettes sur laquelle j'ai planché a été le masque après shampoing. Les débuts ont été chaotiques, le mélange  résistait à l'émulsion et j'ai connu quelques résultats... surprenants avant de trouver la bonne formule. Mais comme j'utilise ce produit depuis longtemps, il a évolué avec mes expérimentations successives. Voici donc ma nouvelle formule, aussi efficace que la précédente et un peu plus agréable d'utilisation.


Pour 100 grammes

Phase huileuse
beurre de karité 5 g
huile jojoba 8 g
huile de ricin 3 g
BTMS 6 g
conditionner emulsifier 3 g

Phase acqueuse
Vinaigre de cidre 20 g
Eau de source 43 g
gel d'aloe vera 10 g
glycérine végétale 2 g

Additifs
conservateur naticide 8 gouttes
extrait aromatique selon votre goût 8 à 15 gouttes


Mode opératoire. Après avoir soigneusement nettoyé tout votre matériel et pris les précautions  de rigueur, peser les ingrédients de la phase huileuse dans un bol et ceux de la phase aqueuse dans un autre. Chauffer les deux bols au bain marie en mélangeant doucement, jusqu'à ce que le beurre de karité, le BTMS et le conditionner soient bien fondu. Sortir du feu, puis verser avec précaution la phase huileuse dans la phase aqueuse. Fouetter énergiquement pour émulsionner, de préférence avec un fouet électrique. Verser dans un contenant adapté et conserver au frais. Faire un test avec un peu de produit sur votre peau et attendre au moins 24 heures avant utilisation.
Si vous découvrez la cosmétique maison, je vous suggère une petite visite découverte vers le premier puis deuxième volet de ma cosméto maison mode d'emploi.



26/09/2014

Moi citoyenne, je décide d'agir


Le 1er février 2014, le collectif pour une Transition citoyenne avait impulsé une grande journée éponyme, suivie sur 85 territoires dans toute la France. Presque huit mois plus tard, le samedi 27 septembre sera celui d'une nouvelle  journée d'action nationale. Le site du collectif vous accueille avec une carte et une liste de plus de 223 initiatives, qui vous permettront de dénicher ce qui se passe près de chez vous. Si vous n'êtes pas déjà impliqué dans l'organisation d'un ou plusieurs événements, vous pourrez peut-être participer à un atelier compostage, un repair café, une disco soup ou une gratiferia, visiter un habitat bioclimatique, nettoyer un chemin ou encore inaugurer un nouveau jardin partagé ou encore découvrir de nouvelles options énergétiques. L'imagination des citoyens est la seule limite.

 


Moi citoyen. Regroupant seize entités investies dans le changement de paradigme, Le collectif – que j'avais déjà évoqué dans un billet autour de l'engagement- a lancé le 1er septembre une nouvelle campagne, moi citoyen, qui bouscule, idées reçues et clichés réducteurs. Les affiches « moi citoyen » sont imprimées sur fond rose, « moi citoyenne » sur fond bleu. Tout le monde se réunit dans le vert, notamment à travers une vidéo qui alerte sur notre capacité à agir, chacun, sans se reposer sur le politique. Motivant et même réjouissant. Et si beaucoup de structures engagées se fédèrent autour de Transition Citoyenne, d'autres initiatives continuent à émerger. Les zèbres, vous connaissez ?


Moi zèbre. Contrôle express de vos connaissances de citoyen : pour répondre à la question (unique), il suffit de rajouter la mention manquante. Bleu, blanc, ...... Si vous avez répondu rouge, vous n'êtes plus à la page. Maintenant, il faut dire Bleu, blanc zèbre, le mouvement qui se définit comme un do-tank et non un think-tank. En résumé, vous êtes un zèbre si vous agissez, que vous prenez votre destin en main. C'est écrivain Alexandre Jardin, auteur du célèbre roman... Le zèbre, qui est à l'origine de cette joyeuse initiative. Appelant à gouverner soi-même, les zèbres proposent une méthodologie simple, directe et tonique comme leur devise: aux actes citoyens et s'associent aux projets résonnants. Etant moi-même colibri, je mettrais bien quelques rayures sur mes plumes: Alexandre, s'il te plait dessine-moi un colibri zébré.

21/09/2014

La minute Papillon, l'instant bien-être qu'on a mérité


Il y a quelques mois, j'avais partagé ici ma découverte du café Pinson. Je m'y suis tellement plu que j'ai également poussé la porte de la deuxième adresse ouverte sous l'enseigne du joyeux volatile quelques mois après la première. Et comme je ne suis en manque ni de copines intolérantes au gluten, ni de consoeurs engagées, j'y déjeune régulièrement.  Lorsqu'Ellen, la pétillante blogueuse lifestyle et biofriendly des Fleurs rebelles, m'a proposé de rencontrer la fondatrice Agathe, pour parler de son nouveau projet, j'ai sauté dans mes fitflops (oui, vendredi c'était encore l'été) sans hésiter.


Dans la famille Pinson, je découvre la créatrice. Comment vous dire... Agathe ressemble à ses cafés, sains et accueillants. On s'y installe avec plaisir et avant qu'on ait eu le temps de regarder l'heure sur son smartphone, la nuit est tombée. Devant une citronnade-gingembre assez piquante pour être authentique, j'ai ainsi appris que le duo de cafés pinson était né de la révélation d'intolérences alimentaire, couplé aux joies de la maternité, saupoudré d'un bon burn out. « Je me suis passionnée pour la nutrition, j'ai lu des tonnes de bouquins », confie cette jeune femme dont l'enthousiasme se diffuse dans un velours de douceur. Après une petite heure en face de son teint éclatant de santé, on a très envie de faire une descente dans sa bibliothèque. Mais tout cambriolage est devenu inutile, depuis que la dame a décidé de partager ses petits secrets par le truchement de la minute papillon.


Deux oiseaux, puis un papillon. C'est bien connu, nous sommes tous overbookés, overstressés et si nous sommes de plus en préoccupés par notre bien-être, nous avons (hélas) si peu de temps à y consacrer. Une minute, peut-être ? C'est justement le crédo de la minute papillon, qui propose par le biais de son sitesa newsletter bi-hebdomadaire, sa page facebook et son twitter  « une info simple et pas trop technique, qui peut être lue en une minute », résume Agathe. On y trouve aussi bien le décryptage culinaire d'un aliment, que des bonnes adresses de restaurants ou encore des recettes vegan, crues, sans gluten, sans lactose etc...


De la minute Papillon à l'effet papillon ? Deux ans et demi après l'ouverture du premier café Pinson, l'heureuse fondatrice espère que sa nouvelle création lui permettra d'accélérer chez ceux qui y aspirent la transition nourriture saine qui lui a pris dix ans à elle. "Je me suis demandé si je ne pouvais pas réduire un peu ce temps et aider les gens à changer petit à petit". Pour y parvenir, la minute papillon envisage de s'étirer vers des rencontres réelles et plus poussées, pour proposer un coaching nature via des nutritionnistes aux plus motivés des 5000 abonnés de la newsletter. Si vous n'en n'êtes pas encore là et que seule une approche ludique pourraient vous éloigner de votre chère junk food, je vous suggère une petite promenade dans les dix révolutions de la minute papillon, une sorte de jeu de l'oie qui vous guidera en douceur vers le mieux manger.

14/09/2014

Quand le thé s'aromatise à la maison (récup, DIY)

Le DIY (Do it yourself ou fais-soi même) semble n'avoir point de limite. A chaque fois que je me dis « non ça je ne pourrai jamais le faire moi-même, il faudra toujours que je l'achète », ce n'est qu'une question de temps pour qu'une solution apparaisse ou que je croise quelqu'un qui a déjà sauté le pas.


Réflexion. En dehors du chocolat, l'un des produits d'origine lointaine dont j'aurais beaucoup de mal à me passer est le thé. On en trouve désormais du bio et même de l'éthique et solidaire... Mais même s'il n'est aucun des trois, le thé a une fâcheuse tendance à devenir un produit de luxe depuis une dizaine d'années. Et mon goût prononcé pour les thés très parfumés et gourmands (comprendre aromatisés) m'a conduite à m'interroger : OK, je ne me vois pas cultiver mon propre thé. Mais si je customisais l'aromatisation ?

Action. Après quelques recherches  sur la toile et l'aimable concours de sites spécialisés et de quelques blogueuses qui ont battu ces sentiers avant moi, j'ai entamé les expérimentations sur des restes de thés de bonne qualité mais qui dormaient au fond de l'une de mes (multiples) boîtes et avaient perdu une grand partie de leur saveur. Bonne nouvelle, ça marche !


Tea time ! J'ai créé deux versions simples et adaptables au goût de chacun de thé aromatisés parfumés et gourmands.  Dans un reste de thé vert (environ 30 grammes), j'ai ajouté 4 gouttes d'huile essentielle de pamplemousse, quelques cranberries et du gingembre confit, coupé en tous petits morceaux.  Dans un reste de thé noir (environ 60 grammes), j'ai mis 8 gouttes d'huile essentielles de bergamote, ainsi que des cranberries et de petits morceaux de gingembre confit. J'ai laissé le tout reposer une dizaine de jours et lorsque j'ai ouvert les boîtes, ça sentait super bon. Et le thé est plutôt réussi.

Bientôt les épices. J'ai choisi les cranberries et le gingembre parce que ce sont des saveurs que j'adore, mais j'ai bien l'intention d'en explorer d'autres, comme les écorces d'orange que j'ai fait sécher, et peut-être quelques épices comme la vanille, le clou de girofle ou la cannelle, pour un thé de noël par exemple. La suite au prochain mélange.

07/09/2014

« T'a pas 100 pêches ? », c'est à Montreuil et bientôt ailleurs

Durant les derniers jours d'août, une petite soirée à la Casa Poblano célébrait les premiers mois d'existence de la pêche, monnaie locale lancée à Montreuil, qui espère mûrir en île de France. On y a rencontré Marc Abel, l'un des fondateurs et comme lui, on a envie d'y croire.




Qui a lancé les pêches ? La monnaie francilienne est une initiative d'un groupe de citoyens proches de Montreuil en transition. Elle est soutenue par les collectivités locales, puisque l'association a bénéficié d'une subvention de 30 000€ de la ville de Montreuil et 50 000€ du conseil régional. La pêche est gérée par une association, qui ainsi que le souligne Marc Abel,  « n'émet pas de monnaie ». « On a imprimé des coupons, qui sont des bons d'échange entre adhérents d'une association », précise-t-il.

Comment ça fonctionne ? Pour se procurer des pêches, c'est très simple. Il suffit de se rendre dans un comptoir d'échange fixe ou mobile, d'acquitter une cotisation d'une vingtaine d'euros et d'en échanger sur la base 1 pêche contre 1 euro. Pour comprendre les détails du fonctionnement des coupons, la page de présentation du site de la pêche est particulièrement claire et bien conçue.

Qu'est-ce que je peux payer en pêches ? Si vous habitez à Montreuil ou à proximité, vous pouvez depuis le mois de juin, remplir votre panier aux nouveaux Robinsons et payer en pêches. Pas celles que l'on cueille sur les célèbres murs voisins, mais bien de jolis billets colorés que l'on range dans son portefeuille. La bonne nouvelle c'est que vous pouvez également payer votre bouquet de roses en pêches à la boutique pompon ou votre petite mousse à la Montreuilloise. Au total une quinzaine de commerçants -dont la liste est disponible et actualisée sur le site- pour la plupart de la commune de Seine St Denis participent déjà à l'aventure.

Pourquoi est-ce une bonne idée ? L'objectif principal d'une monnaie complémentaire locale est de favoriser l'économie... locale évidemment. « La vraie richesse est créée par l'échange, explique Marc Abel. Plus il y a de transactions, plus il y a de richesses de créées. Et ces échanges ont bien lieu autour de leur bassin de vie et enrichissent des entreprises et des emplois locaux. C'est un outil de développement économique local. » L'ambition avouée de la pêche n'est pas de se limiter à Montreuil, mais de faire carrière dans toute l'île de France, en suivant l'exemple de quelques 26 monnaies locales, qui circulent déjà en France. Sucy environnement et transition a déjà fait part de son intention d'utiliser la pêche et les billets de Seine St Denis soulèveraient un intérêt jusqu'à Malakoff.